Tour de Corse aérien 2025

Bonjour,

En août 2025, j’ai eu la chance de réaliser un tour de Corse en avion léger (DR221), au départ le 19 août et à destination le 23 août de Gap-Tallard. Le tour débute et se termine à Saint-Florent, en suivant les côtes de l’Île au plus près. Le voyage complet représente 10h36 de vol.

Je vous propose dans la suite un article retraçant toute mon aventure. Retrouvez par ailleurs un résumé de cette aventure ayant fait l’objet d’un article dans le magazine « info-pilote » à lire ici.


Résumé


Voici tout d’abord une capture Google Earth de la trace de tous mes vols en Corse.

Explorez en détails la trace sur carnet.aero.

Je publie une vidéo en version courte de cette aventure (moins de 3 minutes) pour les plus pressés :

Tour de Corse aérien – Montage Relive – Résumé

Et une version longue de 0h25 pour apprécier notre belle Corse sur tout son périmètre. Notez que chacune des vidéos de chacun des vols de cette version longue est disponible plus bas dans cette page dans un tableau récapitulatif puis, tout au long du voyage retranscrit jour après jour, à la fin du récit de chaque vol. Elles sont alors annoncées sous la forme « Montage Relive JiVi » où Ji est le jour i et Vj le vol j de la journée i.

Tour de Corse aérien – Montage Relive – Complet
VolDépartArrivéeHDVYouTubeReliveRelive
TotalGap
LFNA
Gap
LFNA
10h36VidéoVidéoLien
Vol 1
18/08
2025
Gap
LFNA
Bastia
LFKB
2h12VidéoVidéoLien
Vol 2
19/08
2025
Bastia
LFKB
Corte
LFKT
1h54VidéoVidéoLien
Vol 3
20/08
2025
Corte
LFKT
Figari
LFKF
1h24VidéoVidéoLien
Vol 41
21/08
2025
Figari
LFKF
Propriano
LFKO
0h30VidéoVidéoLien
Vol 42
21/08
2025
Propriano
LFKO
Ajaccio
LFKJ
0h24VidéoVidéoLien
Vol 5
22/08
2025
Ajaccio
LFKJ
Calvi
LFKC
1h36VidéoVidéoLien
Vol 6
23/08
2025
Calvi
LFKC
Gap
LFNA
2h36VidéoVidéoLien
Récapitulatif des vols

Voici une carte qui retrace le vol en ne tenant compte que des terrains visités dans l’ordre (Gap – Bastia – Corte – Figari – Propriano – Ajaccio – Calvi – Gap), avec une distance en ligne droite totale de 489 nm – 906 km :

Maitrisant le langage de programmation Python, j’ai mis en place un code de calcul et ses explications détaillées (disponibles à la fin de cet article), m’ayant permis d’estimer la distance moyenne de mon vol au contour de la Corse. Résultat : 0.67 km


Introduction


Après mon mémorable tour de France aérien l’année dernière, disposant de mon avion, de temps libre fin août 2025, et d’une cagnotte obtenue lors de mon anniversaire quelques semaines plus tôt, j’ai décidé de partir en Corse en profitant du voyage pour faire un tour dans les Alpes. Mon dernier voyage en Corse remonte à 10 années en arrière, et cela fait longtemps que j’ai envie d’y retourner.

Dans mon article du tour de France, j’ai voulu être pédagogique pour expliquer à tous les lecteurs ce qu’est l’aviation légère, les règlementations, la préparation des vols, etc. Je vous invite à prendre le temps de le lire si vous souhaitez d’abord en apprendre plus sur l’aviation légère.

Ici, je serai beaucoup plus succinct, il est donc normal que parfois, vous ne compreniez pas des détails relatifs au déroulement des vols. J’essaierai de ne pas trop entrer dans les détails, tout en expliquant les petits trucs à savoir aux pilotes qui souhaitent réaliser ce voyage.

Dans un premier temps, je dessine le projet de vol sur Skydemon (logiciel de navigation) pour me rendre compte du nombre d’heures de vol à envisager, et du nombre de jour à y consacrer.

Sans atterrissages, le projet représente environ 13 heures de vol, j’imagine donc au total une vingtaine d’heures maximum. L’avion a plus de 30 heures de potentiel avant prochaine visite, c’est donc tout à fait envisageable.

En consultant les prévisions météo sur le site de météo France, je vois rapidement que je dois être arrivé en Corse lundi soir au plus tard et que je bénéficierai de conditions correctes en Corse sauf mardi (orages) avec un retour à ne prévoir qu’à partir de vendredi.

Je décide donc de descendre dans les Alpes dès dimanche, en dormant à Megève, pour partir à Gap lundi matin, et faire la traversée de la Méditerranée lundi après-midi. Je passerai par les Alpes pour quelques atterrissages sur altiports et altisurfaces à mon retour samedi et dimanche.

Je ne réserve pas d’hôtels (non annulables), tant les incertitudes sont pour le moment grandes des lieux où je serai toute la semaine, et je ne dépose pas encore de PPR (demande de permissions pour venir et stationner la nuit sur certains terrains Corses), on verra tout ça lundi soir si j’arrive à Bastia, première étape Corse prévue.


Retour d’expérience sur mon aventure


Voici un retour d’expérience organisé par journées de vol, avec quelques détails de la préparation et de la réalisation des vols. A la fin de chaque journée, vous pourrez visionner la vidéo du montage Relive du jour concerné, résumant le trajet et les photos/vidéos géolocalisées.

Attention : Je ne cite pas tous ce qu’il faut savoir pour aller en Corse en avion, cet article ne doit pas être utilisé pour reproduire à l’identique ce que j’ai fait sans préparation préalable. par ailleurs, les informations sont valables en août 2025.

Bonne lecture !


Jour 1 : Gap – Bastia (2h12)


Ce vol cumule deux difficultés à priori :

  • Traversée des zones à Nice
  • Traversée maritime

La première partie du trajet consiste à aller au VOR de Saint-Tropez. Les zones R196 étant inactives en juillet/août, il n’y a que la R138 que je prévois d’éviter par l’ouest (elle me sera annoncée activée pendant mon vol). En passant au-dessus du niveau 65, je survolerai les R95 et ne serai finalement que dans les TMA de Nice.

Je sais que pour aller en Corse, il faut respecter des itinéraires qui sont publiés dans l’AIP, et visibles sur la carte OACI (traits bleus, triangulaires bleus).

Je consulte donc l’AIP et en particulier, l’ENR 3.3, voici ce que l’on y trouve :

Allant à Bastia, je choisis VOR STP – LERMA – MERLU – GURPA – MB – NW Bastia.

Sur le trajet choisi, les D54 A et C ne me concernent pas.

Dans les TMA de Nice, je prévois ND – Cuers – La Môle – VOR STP.

Voici donc le trajet prévu pour respecter l’AIP :

Il faut déposer un plan de vol (très simple avec Skydemon), être équipé d’un moyen de radionavigation (CN possède un VOR), et vérifier la portée radio. Voulant passer au-dessus des zones règlementées à Nice (FL65 mini), et la règle de la semi-circulaire imposant un niveau de vol VFR impaire + 5, je choisis le niveau 75 pour la traversée à l’aller, la météo le permettant. Il y a environ 100 nm entre le continent et la Corse. Une formule permet de calculer la portée radio : d=1,23*racine(h) avec d en nm et h la hauteur en ft. Au niveau 75, la portée est d’environ 106 nm, sachant qu’à environ 50 nm des côtes, je passerai avec les services ATS de la Corse (en inversant la formule, on trouve une portée de 50 nm à 1652 ft, et de 100 nm à 6609 ft).

Après cette traversée, il restera l’arrivée dans les TMA et CTR de Bastia, tout à fait classiques pour des pilotes brevetés.

Côté météo, les prévisions dimanche soir montrent qu’il devrait faire beau à Bastia mais des orages sont annoncés dans l’après-midi à Ajaccio et Figari.

Lundi matin. Consultation des NOTAM en chemin, rien de particulier à signaler ! Je décolle de Megève vers Annemasse pour faire le plein, puis je descends à Gap d’où je déposerai mon plan de vol, le temps d’un petit repos au bar du terrain.

Il est 14h15, c’est l’heure du départ, j’installe le gilet de sauvetage (révisé, à jour) à portée, la règlementation imposant son port ou sa proximité immédiate du pilote pendant le vol.

C’est parti pour un vol vers le sud. La côte s’approche, j’aperçois la mer au loin, puis Saint-Tropez et la côte d’Azur. Entré dans la TMA de Nice au point ND, le contrôleur n’ayant pas de trafics me propose une directe sur le VOR de Saint-Tropez. J’exécute !

La traversée maritime dure environ 1h, avec une bonne demi-heure où seule l’eau est visible à perte de vue, dans toutes les directions. Il est alors bon, voire nécessaire, de se fier à son horizon artificiel. En effet, la brume n’étant pas toujours horizontale, le pilote à tendance a mettre les ailes de l’avion parallèles à cet « horizon incliné », ce qui conduit l’avion à constamment tourner dans une direction au lieu de rester en ligne droite. Heureusement, le GPS est là pour aider à tenir le cap.

Du continent vers la Corse en DR221

La Corse est en vue, je suis avec le contrôle de Bastia, qui me demande d’effectuer une attente avant de franchir le col de Teghime vers Bastia, pour laisser la priorité à un avion de ligne.

Le col franchit, le vois Bastia sur ma gauche, la piste au loin à droite, le long du bel étang de Biguglia et de la plage de la Marana. Je suis posé vers 16h30.

Arrivée à Bastia

Je fais le plein à la station BP (j’ai une carte BP) avant de me garer, sans possibilité d’amarrage à disposition sur la place qui m’est attribuée.

Je suis ensuite accompagné jusqu’à l’aérogare en camionnette.

Ayant réservé mon hôtel (Isola) non annulable hier soir, je suis content d’être arrivé. Je bois un coup dans l’aérogare (j’ai demandé un Perrier, quelle erreur, je l’ai bien compris à la réaction du barman qui m’a servi une Orezza), puis prends la route vers la Marana avec ma trottinette électrique. Après un peu de piscine à l’hôtel, je passe ma soirée au restaurant « bar de la plage » sur la Marana avant une bonne nuit bien méritée.

Je profite de cette soirée pour planifier ma semaine, étudier la nécessité de déposer des PPR sur les terrains que je vais visiter et faire les demandes sur les sites et/ou par email. Je prévois donc Corte mardi soir, Figari mercredi, Ajaccio jeudi, Calvi vendredi et retour Gap samedi.

Voici le bilan de la situation concernant les PPR :

  • Bastia : Ni la carte VAC, ni les NOTAM, ne précisent la nécessité d’un PPR. A mon arrivé, on m’a précisé qu’il aurait été préférable d’en poser un en ligne sur MyHandling à compléter d’un mail, et qu’il fallait arriver dans les horaires du handling, sinon je n’aurai pas pu rejoindre l’aérogare…
  • Corte : RAS
  • Figari : La carte VAC (extrait ci-dessous) précise la nécessité d’un PPR par email.
  • Ajaccio : La carte VAC (extrait ci-dessous) précise la nécessité d’un PPR sur Touch’N Go. Etonnement, deux sites avec MyHandling, qui se complètent mais n’offrent pas les mêmes fonctionnalités. Dans le doute, j’accompagne ma demande en ligne d’un mail.
  • Calvi : Rien dans la carte VAC, mais un NOTAM le demande (extrait ci-dessous). Dans le doute, je complète ma demande en ligne d’un mail.

Voilà donc les mails envoyés en plus des PPR sur MyHandling et Touch’N Go et j’attends maintenant des réponses qui reviendront toutes positives avant mardi soir. Attention, il faut préciser des horaires d’arrivée et de départ, mais il a été possible de les contacter pour décaler pendant la semaine.

Visionnez le résumé de cette journée avec le montage Relive suivant.

Montage Relive – Jour 1

Jour 2 : Bastia – Corte (1h54)


Je prévois dans un premier temps de faire le tour du Cap Corse depuis Saint-Florent, que je rallierai le dernier jour pour boucler le tour, puis de descendre le long de la côte est de la Corse jusqu’à Porto-Vecchio, et enfin de remonter dans les montagnes jusqu’à Corte où je passerai la nuit. Les prévisions annoncent des orages, je ne réserve pas d’hôtel dans le doute.

J’avais envie de me poser à Ghisonaccia, aérodrome à usage restreint, mais après un coup de téléphone hier lundi après-midi, j’ai appris que les délais pour obtenir l’autorisation de s’y poser sont de quelques jours. Je n’irai donc pas.

Mis à part au départ et en redescendant du Cap Corse où je serai avec Bastia, le vol se fera en espace aérien non contrôlé. Il y a toutefois les zones de Solenzara en chemin.

Je consulte donc l’AIP, ENR 5.1, pour en savoir plus.

La R65 peut être active H24. Le suivi de la côte n’est pas garanti.

Il est donc fort probable que ces zones soient actives au moment de mon passage. Le RAI (Répondeur Automatique d’Informations) sur 119,9 me permettra de m’assurer de l’activité des zones en vol.

L’AIP annonce en parallèle que les D67 sont très dangereuses, on ne faut donc pas envisager de passer au large.

Il faudra donc demander à Bastia en vol si les zones R65 et R66 sont actives, et si oui, contacter Solenzara sur 119,9 et suivre les consignes de trajectoire imposées. Au pire, il faudra passer en dehors des zones à la limite des montagnes.

Arrivé à Bastia, je paye d’abord la taxe. Pour rejoindre l’avion, ma trottinette est passé dans les tapis roulants pour vérification aux rayons X, et ma carte CIME (Carte d’Identification de Membre d’Equipage) n’est utile que pour éviter de remplir un papier en plus… Autant dire, inutile ! Formation, paperasse et argent, pour rien ! On me précise qu’ici, le handling est obligatoire et je suis accompagné jusqu’à l’avion en camionnette.

Je décolle de Bastia vers midi, pas d’orages pour le moment. Passé le col de Teghime, je préviens le contrôleur de la CTR de Bastia que je reviendrai dans ses zones après avoir fait le tour du Cap, je passe avec le SIV et c’est parti.

Les couleurs sont sublimes, les eaux sont claires, les rochers sous le niveau d’eau sont visibles. Je vous laisse apprécier la remontée de la côte ouest du Cap Corse ci-dessous.

Minerviu
Crête de Figueria

J’immortalise mon arrivée au nord du Cap Corse à travers cette vidéo.

Arrivée au nord du Cap Corse

Je découvre alors la belle île de la Giraglia, dont je fais le tour complet en main gauche.

Puis je repars pour une grande descente vers le sud jusqu’à Porto-Vecchio.

Négociant avec les contrôleurs de la CTR de Bastia, j’obtiens l’autorisation de suivre la côte jusqu’à la sortie.

En contact avec Bastia, j’apprends que les zones R65 et R66 ne sont pas actives, ce que je confirme en écoutant le répondeur sur 119,9. Je continue donc de suivre la côte en entrant dans ces zones et en veillant la fréquence de Ghisonaccia sur 118,350, prévoyant de passer dans la RMZ associée (Radio Mandatory Zone). Un largueur de para me prévient qu’il faudra bientôt éviter la côte et je prévois donc de m’éloigner en montant pour rester en local plané des côtes.

J’entends alors à la radio un contrôleur qui répond au largueur sur la fréquence de Ghisonaccia, et le largeur demande des autorisations. Me demandant si les zones R se sont activées, je tente de déclencher le RAI sur 119,9 avec un coup d’alternat, le répondeur annonce que les zones ne sont pas actives. Revenant sur Ghisonaccia, je fini par comprendre que les zones se sont activées (répondeur non à jour), je comprends que le contrôleur est sur les deux fréquences à priori, je lui demande ce que je dois faire, et celui-ci me dit de continuer comme prévu avec le largueur (il écoutait donc depuis un certain temps). Je m’exécute et transite à quelques nautiques des côtes jusqu’à avoir passé la base aérienne de Solenzara.

J’approche maintenant de Porto-Vecchio et je vais bientôt repartir dans les montagnes.

C’est parti, direction Corte. Attention, la suite de ce vol se réalise en montagne, il ne faut donc s’y aventurer qu’en connaissance de cause. Je dois me frayer un chemin (passage étroit) à travers quelques petits nuages en-dessous de la TMA d’Ajaccio qui commence à 2000ft sol, et me voilà déjà à Bavella.

J’arrive à Corte vers 14h, le ciel se couvre doucement. Le terrain est désert. Pas d’essence non plus, mais la VAC l’annonçait. Pendant que je prépare l’avion pour la nuit, un orage se développe légèrement au nord du terrain, j’espère qu’il n’y aura pas d’orages violents d’ici demain. Heureusement, des crochets d’amarrage sont à disposition, et j’en profite !

CN est prêt, l’Orezza terminée, c’est parti pour Corte où je réserve un hôtel en ville (Casa di a Restonica) et je peux m’y rendre avant une petite averse.

Je profite de la piscine et me rends avec ma trottinette dans la vallée de la Restonica où je découvre un petit coin de paradis : Hôtel Arena Le Refuge

Restonica – Hôtel Arena Le Refuge

Je remonte toute la vallée jusqu’au pont de Tragone effondré juste après « Chez César » où je bois une Orezza avant de rentrer. Je passe alors la soirée à me promener dans la citadelle de Corte, et je mange dans un restaurant avec une magnifique terrasse et de bons plats, je recommande : U Museu

Visionnez le résumé de cette journée avec le montage Relive suivant.

Montage Relive – Jour 2

Jour 3 : Corte – Figari (1h24)


Ce vol ne présente aucune difficulté particulière en termes de préparation.

Attention toutefois, c’est encore un vol dont une grande partie se passe en montagne, il faut y être préparé. L’espace aérien est de classe E ou G sur les sommets du centre de la Corse, ce qui permet une grande liberté dans les montagnes dont le plus haut sommet, le Monte Cinto, culmine à 8875 ft (2705 m). Il est donc inutile de dépasser le niveau 100, donc pas de considérations liées à l’emport d’oxygène, ni de montée dans le LTA de classe D.

En évitant les zones de Solenzara et la TMA Ajaccio comme hier, il y aura des réserves au sud de la Corse du sol à 500 ft (on ne vole pas en dessous de 500 ft de toute manière), la D580 que j’éviterai, et la CTR de Figari à l’arrivée qui sera active.

Départ vers 11h de Corte. Il n’y a personne sur le terrain, et aucune taxe. Je ne résiste pas à l’idée de remonter la vallée de la Restonica visitée la veille, mais en avion cette fois-ci. Je réalise quelques 360 pour monter avant d’entrer dans la vallée en sécurité, et j’atteins les lacs de Melu et Capitellu où je réalise un 360 d’admiration de la vue.

Restonica – Lacs de Capitellu et Melu

En descendant vers le sud, je repasse contempler les aiguilles de Bavella.

Bavella – Nord du col

Je réalise un 360 au-dessus du col de Bavella avant de continuer vers le sud.

Bavella – Sud du col

Je rejoins la côte dans le Golfe de Porto-Vecchio en passant sous la TMA d’Ajaccio sous 2000 ft sol.

J’immortalise le passage de 3 bateaux dans le Golfe de Porto-Novo avant de continuer vers l’extrême sud de la Corse.

Golfe de Porto-Novo

J’arrive alors aux magnifiques îles des Lavezzi et de Cavallo.

Tour de Cavallo
Cavallo

Il me reste à admirer Bonifacio avant de rejoindre l’aéroport de Figari.

Bonifacio

Anticipant l’impossibilité de suivre la côte demain en départ vers le nord, je demande à rejoindre d’abord le point WAF de Figari, avant de faire demi-tour pour une base et finale au-dessus de la mer à Figari. Notons que le vent sur le terrain est toujours fort, et qu’il faut donc faire attention quand on prévoit de se poser sur ce terrain. Heureusement, le déroutement immédiat est relativement proche si besoin (Propriano – 13 nm).

La houle sur la mer témoigne de la présence de vent fort dans baie de Figari.

Baie de Figari

Arrivée à Figari vers 12h30, je fais le plein à la station Total (carte Total). Garé face au vent sans possibilité d’amarrage à disposition sur la place qui m’est attribuée, il me reste 20 km de trottinette pour aller à Bonifacio. Une personne vient me chercher à pied et me précise qu’il fallait de moi-même rejoindre l’accueil. Je réserve un bel hôtel (Prea Gianca) et rejoins l’un de mes anciens élèves de prépa PSI (coucou ghjulianu) sur Bonifacio pour boire un coup. Il me recommande d’aller profiter du plus beau coucher de soleil en Corse à la Tonara.

Je recommande effectivement cet endroit et le bar/restaurant : Restaurant de la Tonara.

J’ai ensuite profité de la beauté de Bonifacio de nuit.

Visionnez le résumé de cette journée avec le montage Relive suivant.

Montage Relive – Jour 3

Jour 4: Figari – Ajaccio


Ce vol ne présente aucune difficulté. Départ de la CTR de Figari, Propriano en auto-information, puis arrivée dans la CTR d’Ajaccio. Mes trajectoires seront soumises aux volontés des contrôleurs, difficile d’envisager de suivre la côte précisément.


Jour 4 – Vol 1 : Figari – Propriano (0h30)


Ma carte CIME n’est pas contrôlée, ma trottinette non plus, et je suis invité à me rendre seul à mon avion. On me précise qu’il faut dire que l’on ne veut pas d’assistance lors de la demande de PPR, ce que je pense avoir fait. Si on peut économiser un peu…

Je paye la taxe.

Décollage vers 13h15 avec un vent fort de la mer, ce premier vol vers Propriano est court.

Je découvre à nouveau un très beau littoral que vous pourrez apprécier ci-dessous.

Punta d’Aquila

Croisant la belle plage de Campomoro, je ne résiste à l’idée d’y effectuer quelques 360 de contemplation des lieux.

Tour complet à Campomoro

J’arrive sur le terrain de Propriano, intégration en auto-information sur terrain non contrôlé.

Garé à Propriano vers 13h45, je paye la taxe auprès de la personne qui gère dans un petit bureau vers la piste, et bois un coup au bar de l’aérodrome. Pas de handling, on est libres ici !

Visionnez le résumé de ce premier vol de la journée avec le montage Relive suivant.

Montage Relive – Jour 4 – Vol 1

Jour 4 – Vol 2 : Propriano – Ajaccio (0h24)


Le décollage de Propriano vers 14h40 face à la mer est mémorable, j’en ai fait une jolie vidéo.

Décollage de Propriano

En longeant le littoral, vient ensuite la ville de Propriano avant d’entrer dans la CTR d’Ajaccio.

Propriano

Quittant Propriano, je m’apprête maintenant à entrer dans les espaces aériens d’Ajaccio. Face à moi, la CTR, et au-dessus, la TMA à 2500 ft. J’essaye de contacter la CTR à 800 ft avant d’entrer, sans succès. J’effectue donc un 360 et monte vers 2450 ft, toujours rien ! Je suis trop bas, mais je ne peux plus monter. Je contacte la TMA Ajaccio sur 118,075, on me dit de contacter le SIV Ajaccio sur 119,825.

Je contacte donc le SIV Ajaccio.

On me demande de rejoindre le point SA en restant avec le SIV et de contacter la CTR à SA.

J’arrive alors à Ajaccio.

Arrivée à Ajaccio

Un Airbus A320 d’Air-France se pose à Ajaccio. J’apprendrai quelques heures plus tard que c’est l’avion qui a subi des turbulences et qui a eu des blessés (article BFM).

Airbus arrivant sur Ajaccio

J’atterris à Ajaccio vers 15h10.

On me demande à la radio si c’est pour l’aéroclub ? Je dis que j’ai fait une demande de PPR, on me met au parking aviation générale. J’imagine donc que j’aurais pu voir avec l’aéroclub, et peut-être, payer moins. La prochaine fois, j’appellerai l’AC avant !

Je fais le plein à la station BP (carte BP), avant de garer l’avion. J’ai à disposition des crochets d’amarrage dont je profite pour la nuit.

Après une petite demi-heure d’attente à l’avion, on vient m’ouvrir un portail sur le parking à proximité immédiate de l’avion (juste derrière l’avion sur la photo ci-dessus), qui permet de sortir directement. Demain, je devrais les recontacter à un numéro qui m’est donné pour rentrer par le même portail.

Sitôt sorti de l’aéroport, je réserve un hôtel en centre-ville (Mercure Ajaccio) et file en ville. Je passe la soirée à profiter du coucher du soleil à la pointe de Parata face aux îles sanguinaires.

Au retour, j’ai été accepté vers 22h15 au restaurant Le Weekend, c’était très chouette, et j’ai pu être sauvé car ma trottinette électrique n’avait plus assez de batterie pour aller jusqu’à Ajaccio. Avec le trajet du matin de Bonifacio à Figari puis celui d’Ajaccio à la pointe de Parata, j’ai vu passer le point de non-retour sur l’aller aux Sanguinaires ! Mais j’avais prévu le coup avec un chargeur dans mon sac et il y avait des prises de charge pour voitures électriques dans ce restaurant.

Visionnez le résumé de ce second vol de la journée avec le montage Relive suivant.

Montage Relive – Jour 4 – Vol 2

Jour 5 : Ajaccio – Calvi (1h36)


Le vol que je m’apprête à réaliser est le plus beau de tout mon tour de Corse. Entre le littoral le plus beau de toute la Corse (de mon point de vue) et les montagnes avec le Monte Cinto (plus haut sommet de Corse), c’est magnifique.

La préparation du vol est simple, CTR au départ et à l’arrivée, pas de zones contrôlées entre les deux.

Arrivé au portail qui m’a été ouvert la veille, il n’y a ici aucun contrôle des bagages ni de ma trottinette. Carte CIME non attendue. Je paye la taxe avant de partir.

Je décolle vers 12h30 et rejoins les Sanguinaires par la côte en filmant tout le périple.

Décollage d’Ajaccio jusqu’aux Sanguinaires

Je profite ensuite d’un littoral spectaculaire en longeant inlassablement toute la côte et en profitant de la vue.

La photo de Punta Di Cargèse ci-dessous est pour moi l’une des plus belles que j’ai prises après Punta Rossa qui viendra un peu plus tard.

Punta Di Cargèse
Punta d’Omigna
Près de Piana
Près de Piana

J’arrive très bientôt dans le Golfe de Porto. Son entrée se fera par Capo Rosso.

Capo Rosso

J’entre dans le Golfe de Porto. Le vent vient du sud, et j’ai jusque-là subi de petites turbulences à chaque fois que je suis passé au nord des reliefs. Après Capo Rosso, je me fais tabasser et j’effectue donc un 360 en montée pour ne plus subir les rabattants. De toute manière, je vais prendre la direction des montagnes et il va falloir monter vers 9000 ft.

Montée près de Piana dans le Golfe de Porto

Porto est passé, je monte et passe au-dessus de la couche en réalisant plusieurs 360 dans des trouées de nuages.

Décidant de rallier ma trajectoire réalisée depuis Corte, je prends d’abord la direction de la Restonica avant de monter vers Monte Cinto.

J’ai la grande chance que le sommet soit juste dégagé, et en passant sous le vent, je me fais encore brasser sous le relief, mais les turbulences sont modérées.

Monte Cinto

Je reprends la direction de Porto, voyant au loin vers le nord le terrain de Calvi où je vais me rendre, mais pas par le chemin le plus court.

Paglia Orba

Arrivée à nouveau à Porto, je descends et reprends le chemin du littoral.

Porto
Monte Senino

Je contourne la réserve naturelle de la Scandola et sa zone protégée.

Je découvre alors un paysage spectaculaire.

Réserve naturelle de la Scandola

J’immortalise Punta Rossa, cette photo est pour moi la plus belle que j’ai prise pendant ce voyage.

A mon arrivée sur Calvi, juste avant le point S à 1200 ft, je suis trop bas pour réussir à contacter la CTR. Je monte donc immédiatement, et le contact est possible vers 1500 ft. Le contrôleur de la CTR m’informe de l’activité de la R 335 que je dois contourner en suivant l’itinéraire S – PB – N avant de venir en vent-arrière main gauche de la piste 36.

J’ai la chance de survoler de près la magnifique citadelle de Calvi.

Calvi

Arrivé à Calvi vers 14h15, je fais le plein à l’arrivée. En discutant avec @sylvainceccaldi qui m’a réservé un super accueil, j’apprends qu’il est bien préférable de faire le plein à l’arrivée et que la tour ne le suggère pas aux aéronefs à l’arrivée. En effet, le plein se fait exclusivement par camion, avec priorité aux avions de ligne. Et demain samedi, il est probable qu’il y en aura beaucoup et que l’attente sera longue. Notons que c’est BP, je paye avec la carte BP.

Je fixe l’avion avec des poids à disposition sur le parking, puis je suis ensuite accompagné jusqu’à l’aérogare en camionnette.

Je réserve un hôtel près de l’aéroport en route pour la ville (Hôtel Cesario) et vais profiter de la belle piscine une partie de l’après-midi.

Je passe alors la soirée sur un rocher (ici) près de la citadelle, offrant un coucher de soleil magique. J’irai ensuite manger dans le restaurant Baia sur le port, puis danser à l’Eden.

Visionnez le résumé de cette journée avec le montage Relive suivant.

Montage Relive – Jour 5

Jour 6 : Calvi – Gap (2h36)


Plan de vol déposé, je pars à l’aéroport. Ma trottinette n’est pas contrôlée car trop grosse pour le tapis, et ma carte CIME est appréciée comme à Bastia, pour un papier de moins… Je paye la taxe et suis accompagné jusqu’à l’avion en camionnette.

Décollage de Calvi vers 13h20. Je longe la côte jusqu’à Saint-Florent afin de boucler le tour de Corse avant de prendre le chemin inverse de lundi (seule différence, un niveau 85 prévu pour respecter la règle de la semi-circulaire dans l’autre sens).

Décollage de Calvi
Punta Di Vallitone

Je suis marqué par les couleurs des parasols sur les plages du nord de la Corse. Regardez par vous-même !

Plage de Lozari

Il reste encore quelques belles côtes avant de prendre la direction du continent.

Pointe de l’Acciolu

Encore une grande diversité de parasols.

J’arrive sur la fin du tour, à Saint-Florent.

Saint-Florent

Et c’est reparti pour une traversée de la Méditerranée vers le continent au niveau 85.

Retour vers le continent
Une heure de traversée maritime

Arrivant près de Saint-Tropez, je demande au contrôleur de Nice si le transit en TMA de Nice est bien approuvé (de toute manière, il est impossible de faire autrement, mais j’ai appris à toujours avoir l’autorisation pour entrer dans un espace contrôlé). Le contrôleur approuve de manière évidente, évidemment ! Je demande si je peux faire une directe ND comme à l’aller dans l’autre sens, c’est approuvé.

Le reste du vol est très simple, en direction de Gap, sans espaces aériens contrôlés.

Les couleurs près de Gap sont impressionnantes.

Arrivé à Gap vers 16h, j’ai le droit à un contrôle de gendarmes. Papiers, présence du gilet de sauvetage, dépistage alcool et drogues. Négatifs ! Ouf !

Je finirai la journée à Valloire après avoir fait une halte à l’Alpe d’Huez, puis le lendemain dimanche, Saint-Jean d’Arves, Méribel, Megève, Corlier, Bourg, Montceau puis Fontenay.

Visionnez le résumé de cette journée avec le montage Relive suivant.

Montage Relive – Jour 6

Bilan


J’ai fait un voyage formidable, avec des couleurs magnifiques, mêlant vol en montagne et près des côtes. Je le recommande à tous ceux qui souhaitent voyager et en prendre plein les yeux pour un nombre d’heures de vol modéré. Contrairement à mon tour de France où c’était avion de 9h à 18h, j’ai avec ces journées peu chargées, pu voler souvent entre midi et 15h, et profiter sur place les matins et après-midi. Je vous ai partagé les bonnes adresses (bars, restaurants, hôtels), ne cherchez pas, faites comme moi.

J’ai eu la chance de tomber une semaine où beaucoup d’hôtels avaient de la place, ce qui m’a permis de réserver chaque jour après mon atterrissage, évitant les réservations à l’avance non annulables.

Vous aurez remarqué qu’il n’y a pas de difficultés particulières au niveau navigation. Des traversées de CTR sans encombre et les zones règlementées à Solenzara à bien étudier. Tout s’est toujours bien passé avec les contrôleurs, merci à eux.

Veillez à ne pas découvrir le vol en montagne, pratiquez avec un FI avant de faire comme moi dans le centre de la Corse et à Corte.

Côté météo, si le mardi m’a laissé des doutes vis à vis des orages en montagne, le reste de la semaine a été parfait, et tellement mieux qu’au même moment sur le continent. Notons quand même la présence de vent fort à Figari qui peut empêcher de s’y poser (bien étudier le vent avant d’y aller et les déroutements si nécessaire).

Niveau carburant, je recommande de faire le plein à l’arrivée à Calvi qui se fait par camion. Sur les autres terrains, des automates sont à disposition. Il est préférable d’avoir une carte Total et une carte BP pour être tranquille.

Côté NOTAM, pas d’imprévus, pas de longue liste à rallonge, c’était plutôt agréable de préparer les vols rapidement tous les matins.

J’ai, comme toujours, eu la chance de voler dans un avion bien entretenu, merci Alex (RIPOCHE-AVIATION).

Voici finalement un petit bilan des choses importantes à savoir pour planifier un vol sur les terrains de la Corse :

TerrainTaxePPRHandlingCIMEEssence
Bastia71€64MyHandling
Mail
OUIOUI
Inutile…
Automate
BP
Ghisonaccia?Demande d’autorisation 3 jours avant???
Corte0€RASRASRASRAS
Figari75€28MailNONNONAutomate
Total
Propriano20RASRASRASAutomate
CB
Ajaccio65€22Touch’N Go
Mail
NONNONAutomate
BP
Calvi86€28Touch’N Go
Mail
OUIOUI
Inutile…
Camion
BP

Analyse de la trace


J’ai voulu quantifier la proximité de ma trajectoire au contour de la Corse sur tout mon tour de Corse comme je l’ai fait pour la France l’an dernier. J’ai donc repris ma procédure de calcul de la distance moyenne de ma trajectoire aux points de la frontière en Python.

J’ai trouvé en ligne la description du contour de la Corse que je vous partage dans le fichier texte « Corse.txt » (lien). Je décris son origine dans mon code. Notons que la source du contour de la Corse ne décrit la côte qu’avec 90 points, ce qui est décevant. J’ai importé l’ensemble de mes traces KML dans un seul et même fichier texte « Vol.txt » (lien). Je décris tous les détails dans le code disponible ici (lien) dans lequel j’ai programmé la méthode décrite ci-dessus.

Tout ceci est aussi disponible dans le Trinket ci-dessous que vous pouvez faire tourner directement ici en cliquant sur le bouton « Lecture ». Toutefois, le code est légèrement différents de celui partagé ci-dessus afin qu’il fonctionne sur le Trinket (la lourdeur de la trace pose quelques problèmes, j’ai tout expliqué en commentaires). Le code met du temps à tout calculer, ce sera fini quand vous verrez écrit « Fin ». Tant que le curseur clignote, c’est que le calcul est en cours.

En le faisant tourner en local avec Pyzo à la maison pour avoir de beaux tracés, voici les résultats :

Je suis passé en moyenne à d = 0.67 km du contour de la Corse!

Voici la carte obtenue en projection Mercator (abscisses = longitudes et ordonnées = latitudes) :

Sur cette carte, le contour officiel de la Corse est en noir (points Pi), le vol est en rouge, les points verts sont les points Vi, points du vol les plus proches des points Pi, et les traits pontillés jaunes correspondent aux distances di retenues entre tous les points Pi et Vi.

Ceci est plus clair sur un zoom de la pointe bretonne par exemple :

J’obtiens alors le tracé des distances di en km retenues tout le long de la frontière dont la moyenne vaut la distance d finale.

Pour calculer votre distance à la Corse sur un ou plusieurs vols personnels, téléchargez les 3 fichiers partagés plus haut (Vol.txt, Corse.txt, Analyse.py), remplacer dans « Vol.txt » les données avec vos kml, et faites tourner le code en local sur un logiciel comme Pyzo.


© Copyright 2025 – Denis DEFAUCHY – Tous droits réservés

CC BY-NC-ND 4.0 – Lien

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2 réponses à Tour de Corse aérien 2025

  1. GALIANA Pierre dit :

    Un travail de préparation sérieux, des dizaines d’heures de plaisir à la clé et pour poursuivre un partage de tout ces beaux moments.
    Un grand merci à toi et encore bravo.
    Bien amicalement

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